Doc1
Sylvain, délit de faciès1
C’est à 27 ans que Sylvain se lance2 à corps perdu3 dans le tatouage et décide de faire de son corps […] un tableau vivant où la chair4 laisse bien vite place à5 l’encre6. Aujourd’hui, âgé de 35 ans, « Freaky Hoody » est l’un des hommes les plus tatoués au monde. Problème pour ce professeur des écoles7, certains parents d’élèves n’apprécient que peu cette apparence et les plaintes répétées lui interdisent désormais d’exercer auprès des maternelles8 dont il s’occupait avec une bienveillance9 reconnue de tous. Dans un pays républicain qui prône10 la tolérance, on peut légitimement s’étonner que notre système éducatif ait décidé de pointer du doigt11 un homme apprécié pour ses qualités professionnelles, prétextant12 une apparence physique supposée en inadéquation avec13 son activité.
Lorsque tu as commencé à te tatouer, à 27 ans, ta démarche14 allait-elle au-delà15 du simple ornement corporel ?
J’étais à cette époque à Londres pour travailler. […] Là-bas, en plus, les tatouages ne sont pas du tout perçus comme chez nous. En France, historiquement, les tatoués étaient souvent ceux qui étaient partis au bagne16 à Cayenne et revenaient avec de l’encre sur le corps pour signifier17 qu’ils avaient été prisonniers. […]
Aujourd’hui, tu es sous les feux des projecteurs18 car ton apparence physique t’interdit désormais d’enseigner auprès des maternelles. Tu peux nous expliquer le déroulement19 qui a conduit à cette décision ?
Cela fait douze ans que j’enseigne et trois ans que je fais des remplacements20 courts entre une demi-journée et trois semaines. […] L’année dernière [en 2019], après que je m’étais fait tatouer les yeux en noir, je suis allé me présenter à la directrice. Un élève m’aurait vu alors que je passais devant une classe et aurait eu peur. C’est ce que l’on m’a dit car je n’ai personnellement pas rencontré cet élève. Cet enfant aurait le soir même parlé de moi à ses parents et ces derniers ont écrit une lettre pour signifier leur mécontentement21. Il y avait déjà eu des lettres de plaintes concernant mon apparence physique mais j’avais jusqu’alors toujours été soutenu par ma hiérarchie. La lettre des parents de cet élève était très véhémente22. […]
Pour la première fois, l’inspection m’a lâché23 et est immédiatement allée dans le sens des parents. J’ai été mis au placard24 pendant deux mois, de septembre à novembre 2019. […] Le fait d’être pointé du doigt et laissé de côté25 sans pouvoir enseigner n’a pas été très facile à vivre. Le 7 novembre 2019, j’ai eu un entretien à la DSDEN (Direction des Services Départementaux de l’Éducation nationale) à la suite de quoi26 il a été décidé que je ne remplacerais plus qu’en classes élémentaires du CP au CM227. […]
Lorsque tu t’es lancé dans le tatouage alors que tu étais déjà professeur des écoles, tu ne t’es jamais dit que l’évolution de ton apparence physique allait, à terme28, poser problème ?
Au moment où j’ai commencé à me faire tatouer, je n’ai égoïstement pensé qu’à moi ! Naïvement, je croyais qu’en 2020 l’apparence ne posait pas de problème particulier. En tant que fonctionnaire29, j’avais une garantie d’emploi et d’ailleurs, à l’entretien, je sentais bien que s’ils avaient pu se débarrasser30 de moi, ils l’auraient fait, mais cela leur était impossible.
La différence fait peur seulement quand on ne la connaît pas et que l’on ne tente pas de la comprendre !
Oui, c’est tout le principe de la xénophobie. On a peur de l’inconnu, de l’étranger. Sur Internet, comme je fais le buzz31 en ce moment, j’ai vu qu’il y avait à mon égard32 des références au diable, ce genre de trucs… Comment peut-on en être encore là ?33 Lorsque j’ai commencé à me faire tatouer, je n’étais pas dans une démarche où je souhaitais être le porte-parole34 de la tolérance. Si enseigner aux enfants peut leur permettre de moins s’attacher à l’apparence physique, il y aura je l’espère moins d’intolérance vis-à-vis de la différence. Aujourd’hui, si je peux aider à une certaine ouverture d’esprit35, alors j’en suis heureux.
Doc3
(extrait d’ouverture) Ils sont au courant de36 ces contrôles au faciès37, on ne peut pas les nier38. On ne peut pas dire qu’il n’y en a pas. On ne peut pas vivre comme si de rien n’était39, comme s’il ne se passait rien dans nos quartiers populaires40 ou en France.
Mamadou : Moi, je m’appelle Mamadou, j’ai 23 ans et j’habite à Épinay-sur-Seine.
Zakaria : Moi, je m’appelle Zakaria, j’ai 23 ans.
Cette affaire s’est déroulée en 2017. On était en terminale et on revenait d’une sortie pédagogique à Bruxelles avec notre classe. On est arrivés sur le quai de la gare du Nord. Il y avait trois policiers, ils étaient devant un panneau publicitaire. Ils nous ont tirés41, ils nous ont mis sur le côté. Ils ont commencé à ouvrir nos valises, ils ont touché à nos biens42. Ils ont tout sorti devant tout le monde.
Après, ma prof, elle est arrivée. Elle a demandé au policier c’est quoi le problème. Les policiers, ils ne voulaient pas lui répondre. Moi, je trouvais que ça, c’était une atteinte à43 la dignité d’une personne. Quand j’ai vu qu’ils ont contrôlé que deux Noirs et un Arabe, ça a tilté44 dans ma tête. Je me suis dit : c’est ça en vrai45, c’est discriminatoire.
En fait, c’est grâce à ma prof. Elle m’a appelé, elle m’a dit : « Ouais, c’est grave ce qui vous est arrivé. Moi, je vais déposer une plainte46. Est-ce que tu me suis ? » Moi, je lui ai dit : « Non, je n’ai pas de problème, moi, c’est bon. » Parce que dans ma tête, c’était un contrôle banal, comme je me faisais contrôler dans la cité47.
Moi, quand je me faisais contrôler avant, je trouvais ça… enfin, je ne trouvais pas ça normal, mais je fermais les yeux sur48 la normalité, en fait. C’est-à-dire, même le terme « contrôle au faciès », c’est un mot que j’ai connu après. Pareil, contrôle discriminatoire. Je savais c’était quoi, la discrimination, mais je ne faisais pas le lien entre49 le contrôle et la discrimination.
(reportage télévisé) Trois lycéens attaquent aujourd’hui l’État. Ils sont scolarisés50 en Seine-Saint-Denis51. Mamadou, Ilias et Zakaria, ce sont leurs prénoms, dénoncent une discrimination, un contrôle au faciès.
La première décision de justice, elle a été négative. Dans ma tête, j’avais les phrases des gens qui me disaient : « C’est impossible de gagner contre l’État. » Ça veut dire, ça me mettait plus la rage52 un peu. On fait appel53. Un mois plus tard, on a eu la réponse.
Je sortais du travail, ma prof, elle m’a appelé. Elle a commencé par « Félicitations ! ». Ça veut dire, moi, j’avais compris, mais j’ai fait comme si je n’avais pas compris. Je me dis : « Pourquoi, madame ? » Elle me dit : « Ça tourne sur Internet. Vous avez accusé l’État pour faute lourde54 et vous avez une réponse positive. » Jusqu’à j’arrive dans mon quartier, c’est là que j’ai commencé à crier. J’ai vu tous mes potes55, je dis : « On a gagné, ouais, on a gagné ! »
(reportage télévisé) La fierté et l’aboutissement56 d’un long travail.
Ces contrôles au faciès, ils sont là, ils sont visibles. On ne peut pas les nier, on ne peut pas chercher des excuses. Et en gros, moi, c’est ça qui m’a fait plaisir. Enfin, je ne veux pas dire qu’ils ouvrent les yeux, parce que ces contrôles au faciès, ça fait longtemps qu’ils sont là. Mais voilà, qu’ils les assument57 et qu’il y ait des condamnations et des changements.
Tout le monde peut voir que les gens du 9358, ils ne sont pas vus comme des vendeurs de drogue ou des voleurs. Mais il y en a qui ont [?] dans la tête et qui peuvent faire changer les choses. Battez-vous pour vos droits. Si vous pensez être victime d’un contrôle discriminateur, n’hésitez pas à contacter des spécialistes. Il y a des avocats, il y a des associations.
La devise59 de la France, avant tout, c’est liberté, égalité, fraternité. Et je pense que parfois, cette devise, elle est bafouée60. Et que ce n’est pas normal. Il faut tout faire pour la remettre en place61.
Grammaire
Les temps du passé
Pour faire un récit
- L’imparfait
- pour décrire les circonstances d’un événement ou d’un fait ponctuel
C’était ma nouvelle passion et j’étais bien décidé à m’y consacrer à fond.
- pour faire une description ou raconter des habitudes
En France, historiquement, les tatoués étaient souvent ceux qui étaient partis au bagne à Cayenne.
- pour décrire les circonstances d’un événement ou d’un fait ponctuel
- Le passé composé
- pour exprimer des actions ponctuelles ou une succession d’actions qui font avancer le récit.
Pour la première fois, l’inspection m’a lâché et est allée immédiatement dans le sens des parents.
- pour exprimer des actions ponctuelles ou une succession d’actions qui font avancer le récit.
- Le plus-que-parfait
- pour exprimer une action passée antérieure à une action passée.
Il y avait déjà eu des lettres de plaintes concernant mon apparence physique mais j’avais jusqu’alors toujours été soutenu par ma hiérarchie.
- pour exprimer une action passée antérieure à une action passée.
Les marqueurs temporels
Pour indiquer la durée
- pendant + durée / cela fait + durée + que
- de + date + à + date / entre + date + et + date
J’ai été mis au placard pendant deux mois, de septembre à novembre 2019.
Pour indiquer le moment
- en + année / le + date / à + heure / aujourd’hui / en ce moment / à cette époque / l’année dernière / désormais
J’étais à cette époque à Londres pour travailler.
Pour indiquer une relation temporelle entre deux actions
- L’antériorité
- jusqu’alors + phrase / jusqu’à + nom
J’avais jusqu’alors toujours été soutenu par ma hiérarchie.
- jusqu’alors + phrase / jusqu’à + nom
- La simultanéité
- lorsque / au moment où / quand + indicatif
Lorsque j’ai commencé à me tatouer, je n’ai égoïstement pensé qu’à moi !
- alors que / pendant que + indicatif
Tu t’es lancé dans le tatouage alors que tu étais déjà professeur des écoles.
- lorsque / au moment où / quand + indicatif
- La postériorité
- à la suite de + nom ou pronom
J’ai eu un entretien […] à la suite de quoi il a été décidé que je ne remplacerais plus qu’en classes élémentaires du CP au CM2.
- après que / aussitôt que + indicatif
Aussitôt que j’ai commencé à me faire tatouer, certains parents m’ont regardé bizarrement.
- immédiatement
L’inspection m’a lâché et immédiatement est allée dans le sens des parents.
- à la suite de + nom ou pronom
Vocabulaire
Le tatouage
- la chair : la peau du corps humain ( flesh )
- l’encre (f.)
- un ornement corporel : décoration du corps ( body ornament )
- un tatouage / être tatoué(e)
La discrimination
- une atteinte à la dignité : une violation du respect dû à une personne ( an affront to one’s dignity )
- un délit de faciès : contrôle ou arrestation basée sur l’apparence physique ( racial profiling )
- l’intolérance (f.) / la tolérance
- la xénophobie
- discriminatoire (adj.)
- être victime
registre familier
- tilter : comprendre soudainement, avoir un déclic ( to click, to get it )
- mettre la rage : provoquer une colère intense ( to make sb furious )
- en avoir dans la tête : être intelligent, capable ( to have brains )
Cahier d’activités
Ex. 1
Mon nom est Gracia, je suis handicapée visuelle et Fantôme est mon chien guide. C’est lui qui me suit partout, qui me permet de me déplacer et d’avoir une certaine indépendance.
J’ai eu un problème de discrimination envers mon chien guide lorsque j’ai voulu m’inscrire dans un gym pour pouvoir m’entraîner.
« Je suis ici parce que j’aimerais venir m’entraîner, j’aimerais m’inscrire à un gym, mais je suis handicapée visuelle, donc j’ai très peu de vision et je me déplace avec un chien guide. Est-ce que vous avez un problème ? Est-ce que je viens m’entraîner avec mon chien ? »
On a tout simplement refusé en me donnant des raisons comme des problèmes d’allergie, des problèmes d’endommagement de plancher, en me disant qu’il ne voulait pas perdre de business à cause de moi et mon chien. On m’a demandé de peut-être pouvoir aller au gym à des heures où il n’y avait presque personne, ou d’y aller sans mon chien mais d’y aller avec quelqu’un.
Ce que je veux, c’est d’avoir une vie comme tout le monde. J’ai un empêchement, je ne vois pas, mais à part cet empêchement, cet handicap visuel, il me reste tout [?]. Je lui ai expliqué qu’on ne demande pas à quelqu’un qui est en fauteuil roulant de laisser son fauteuil roulant à la porte, alors on ne peut pas demander à quelqu’un qui est handicapé visuel de laisser son chien à la porte.
Ce qui m’a motivée à porter plainte à la commission, c’était que ce n’était pas le premier incident auquel je faisais face. Des gens qui me refusaient l’entrée dans des endroits publics à cause de mon chien guide. Mais cette fois-ci, ça avait été tellement profond, vraiment blessant. Et en appelant la commission des droits de la personne, on m’a très bien conseillé, on m’a dit que sous aucun contexte je devais me sentir différente de quiconque, que j’avais les mêmes droits que tout le monde.
La motivation que j’ai eue à me rendre jusqu’au tribunal, c’était vraiment pour faire la différence. C’était que, pour moi, c’était important que les gens comprennent. C’était important que, spécifiquement dans ce cas-là, que les gens du gym puissent comprendre à quel point c’était dévastateur, leur refus, et de la façon que ça avait été fait. Est-ce que ça signifiait, pour une personne comme moi qui est handicapée visuelle, de pouvoir être autonome et d’être respectée ?
Ex. 5
- une devise
- une affaire
- une décision de justice
- une faute lourde
- être bafoué
- accusé
- déposer une plainte
- faire appel
- un avocat
- une condamnation
Footnotes
un délit de faciès (loc.) : le fait d’être visé ou sanctionné à cause de son apparence ( profiling based on looks ). Un délit = une infraction ; le faciès = le visage, l’allure générale.↩︎
se lancer dans (v.) : commencer avec élan une activité nouvelle, s’y engager pleinement ( to throw oneself into, to embark on ). Ici renforcé par à corps perdu. Autres emplois : se lancer en politique, se lancer dans les affaires ; à l’oral, lance-toi ! = ose !↩︎
à corps perdu (loc.) : sans retenue, en s’engageant tout entier ( headlong, wholeheartedly ). S’emploie surtout avec se lancer, se jeter.↩︎
la chair (n.f.) : la peau et les muscles du corps ( flesh ). Se prononce comme cher ; ⚠️ ne pas confondre avec la chaire (du professeur).↩︎
laisser place à (loc.) : céder la place à, être remplacé par ( to give way to ). Ici, la peau disparaît peu à peu sous le tatouage. Variante : faire place à.↩︎
l’encre (n.f.) : liquide coloré, ici celui du tatouage ( ink ). ⚠️ Homophone de une ancre (celle du bateau).↩︎
un professeur des écoles (n.m.) : enseignant du primaire, maternelle et élémentaire ( a primary school teacher ). C’est le titre officiel depuis 1990 ; l’ancien mot était instituteur.↩︎
une maternelle (n.f.) : l’école maternelle, de 3 à 6 ans ( nursery school, pre-school ). Enseigner auprès des maternelles = auprès des classes de maternelle.↩︎
la bienveillance (n.f.) : attitude attentive et bonne envers les autres ( kindness, caring ). Adj. : bienveillant(e) ; contraire : malveillant(e).↩︎
prôner (v., soutenu) : recommander publiquement, défendre une valeur ( to advocate ).↩︎
pointer du doigt (loc.) : désigner quelqu’un comme coupable, stigmatiser ( to single out, to point the finger at ). Repris plus loin au passif : être pointé du doigt.↩︎
prétexter (v.) : donner comme fausse raison ( to use as a pretext ). Nom : un prétexte ; loc. : sous prétexte de.↩︎
en inadéquation avec (loc., soutenu) : qui ne correspond pas à ( at odds with, ill-suited to ). Contraire : en adéquation avec.↩︎
une démarche (n.f.) : ici, l’intention, le projet qui guide une action ( an approach, an intent ). Autre sens courant, au pluriel : faire des démarches = accomplir les formalités administratives. Sylvain reprend le mot plus loin : je n’étais pas dans une démarche où je souhaitais être le porte-parole de la tolérance.↩︎
au-delà de (loc.) : plus loin que, en dépassant ( beyond ). Aussi adverbe : mais au-delà, il semble que…↩︎
le bagne (n.m.) : ancienne colonie pénitentiaire où l’on envoyait les condamnés ; celle de Cayenne, en Guyane, a fermé en 1953 ( the penal colony ). Un bagnard = un forçat. Au figuré, c’est le bagne ! = c’est un travail épuisant.↩︎
signifier (v.) : ici, faire savoir officiellement ( to notify, to make known ). Autre sens, plus courant : vouloir dire.↩︎
être sous les feux des projecteurs (loc.) : être au centre de l’attention médiatique ( to be in the spotlight ).↩︎
le déroulement (n.m.) : la suite des faits, la manière dont les choses se sont passées ( the sequence of events ). Verbe : se dérouler.↩︎
un remplacement (n.m.) : le fait d’assurer le poste d’un collègue absent ( a substitute assignment ). Faire des remplacements = être enseignant remplaçant.↩︎
le mécontentement (n.m.) : le fait de ne pas être satisfait ( dissatisfaction, discontent ). Adj. : mécontent(e). Le préfixe mé- marque le défaut ou le contraire : mécontent, méfiance, mésentente.↩︎
véhément(e) (adj., soutenu) : violent de ton, passionné ( vehement, forceful ). Nom : la véhémence.↩︎
lâcher quelqu’un (v., fam.) : l’abandonner, cesser de le soutenir ( to drop sb, to leave sb hanging ). Contraire dans la phrase suivante : être soutenu par.↩︎
mettre au placard (loc., fam.) : écarter un employé en le laissant sans travail réel ( to sideline sb ). Littéralement « mettre dans l’armoire ». Verbe dérivé : placardiser.↩︎
laisser de côté (loc.) : mettre à l’écart, ne plus faire participer ( to leave aside, to sideline ).↩︎
à la suite de quoi (loc., soutenu) : après quoi, ce qui a eu pour conséquence ( following which, whereupon ). Quoi reprend ici tout ce qui précède — l’entretien et son déroulement ; avec un antécédent nominal précis, on dirait un entretien à la suite duquel…. Tournure surtout écrite.↩︎
les classes élémentaires, du CP au CM2 : les cinq années de l’école élémentaire, de 6 à 11 ans — CP, CE1, CE2, CM1, CM2 ( primary school, years 1 to 5 ). Vient ensuite le collège.↩︎
à terme (loc.) : à la longue, tôt ou tard ( in the long run, eventually ). Voisins : à court / moyen / long terme.↩︎
un fonctionnaire (n.m.) : agent de l’État, titulaire de son poste ( a civil servant ). D’où la garantie d’emploi : il est pratiquement impossible de le licencier.↩︎
se débarrasser de (v.) : faire partir, se libérer de ( to get rid of ). ⚠️ Orthographe : deux r et deux s.↩︎
faire le buzz (loc., fam., de l’anglais) : faire beaucoup parler de soi, surtout en ligne ( to go viral ).↩︎
à mon égard (loc.) : envers moi, à mon sujet ( towards me, regarding me ). Voisins : à l’égard de quelqu’un, par égard pour quelqu’un (= par respect).↩︎
comment peut-on en être encore là ? (loc.) : comment une telle attitude est-elle encore possible aujourd’hui ? ( how can we still be at this point? ). En être là = en être arrivé à ce point.↩︎
un porte-parole (n.m.) : celui qui parle au nom d’un groupe ou d’une cause ( a spokesperson ). Invariable : des porte-parole.↩︎
une ouverture d’esprit (n.f.) : la capacité d’accepter ce qui est différent ( open-mindedness ). Adj. : ouvert(e) d’esprit.↩︎
être au courant de (loc.) : savoir, être informé de ( to be aware of ). Mettre quelqu’un au courant = l’informer.↩︎
un contrôle au faciès (loc.) : contrôle d’identité fondé sur l’apparence physique ou l’origine supposée ( racial profiling ). C’est le sujet du document ; à rapprocher du délit de faciès de Doc1.↩︎
nier (v.) : refuser d’admettre l’existence de ( to deny ). Nom : la négation, le déni.↩︎
comme si de rien n’était (loc.) : comme si rien ne s’était passé ( as if nothing had happened ).↩︎
un quartier populaire (n.m.) : quartier habité par des populations modestes ( a working-class neighbourhood ). ⚠️ Populaire = du peuple, pas popular.↩︎
tirer quelqu’un (v., ici fam.) : l’attraper et l’écarter du groupe ( to pull sb aside ).↩︎
les biens (n.m. pl.) : ce que l’on possède ( belongings, property ). Toucher à nos biens = mettre les mains sur nos affaires.↩︎
une atteinte à (n.f.) : une action qui porte préjudice à ( an infringement of, an affront to ). Porter atteinte à la dignité de quelqu’un.↩︎
ça a tilté (loc., fam.) : j’ai soudain compris, ça a fait déclic ( it clicked ). Du verbe tilter, familier et surtout oral.↩︎
en vrai (loc., fam.) : en réalité, franchement ( actually, for real ). Très fréquent chez les jeunes locuteurs ; équivalent courant : en fait.↩︎
déposer une plainte (loc., juridique) : signaler officiellement une infraction à la justice ( to file a complaint ). Variante : porter plainte contre quelqu’un.↩︎
une cité (n.f.) : ici, un grand ensemble de logements sociaux en banlieue ( a housing estate ). ⚠️ Sens très différent de une ville ou de l’anglais a city.↩︎
fermer les yeux sur (loc.) : faire semblant de ne pas voir, accepter sans réagir ( to turn a blind eye to ).↩︎
faire le lien entre (loc.) : établir un rapport entre deux choses ( to make the connection between ).↩︎
scolarisé(e) (adj.) : inscrit dans un établissement scolaire ( enrolled in school ). Contraire vu en Doc2 de la leçon 4 : déscolarisé.↩︎
la Seine-Saint-Denis (n.f.) : département au nord-est de Paris, souvent désigné par son numéro, le 93 ( a department bordering Paris ).↩︎
mettre la rage à quelqu’un (loc., fam.) : provoquer une colère mêlée de frustration ( to make sb furious ). Ici, cette rage devient une motivation.↩︎
faire appel (loc., juridique) : demander qu’une affaire soit rejugée par une juridiction supérieure ( to appeal ). ⚠️ Faire appel à quelqu’un = solliciter son aide, tout autre sens.↩︎
une faute lourde (n.f., juridique) : faute d’une gravité particulière ; ici, celle reprochée à l’État ( gross negligence ).↩︎
un pote (n.m., fam.) : un ami ( a mate, a buddy ).↩︎
un aboutissement (n.m.) : le résultat final d’un long effort ( the culmination, the outcome ). Verbe : aboutir.↩︎
assumer (v.) : reconnaître et prendre à son compte ( to own up to, to take responsibility for ). ⚠️ Faux ami : l’anglais to assume se dit supposer.↩︎
le 93 (n.m., fam.) : la Seine-Saint-Denis, désignée par son numéro de département ( the 93 ). Dire le neuf-trois est très courant.↩︎
une devise (n.f.) : une formule qui exprime les valeurs d’un groupe ou d’un pays ( a motto ). ⚠️ Autre sens : les devises = les monnaies étrangères.↩︎
bafouer (v., soutenu) : traiter avec mépris, ne pas respecter ( to flout, to trample on ). S’emploie avec un droit, une valeur, une règle.↩︎
remettre en place (loc.) : rétablir, faire de nouveau appliquer ( to restore, to put back in place ).↩︎